Massage cardiaque assisté par téléphone

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La centrale 144 du Canton de Vaud propose la réanimation assistée par téléphone. Hors hôpital, les chances de survie en cas d'arrêt cardiaque n'excèdent pas 5%.


Article paru le 03 janvier 2011 sur le site de "20 minutes online" www.20min.ch.

 

Si un massage cardiaque est entrepris immédiatement, le taux de chance de survie peut quintupler. Depuis deux ans et demi, la Centrale 144 du canton de Vaud propose la réanimation assistée par téléphone, avec succès.

La méthode, connue aux Etats-Unis depuis une dizaine d'années, consiste à expliquer par téléphone aux personnes présentes comment pratiquer un massage cardiaque, sans bouche à bouche. Et selon une étude menée par la Fondation Urgences Santé et le CHUV, près des deux tiers des témoins ainsi encouragés acceptent de le faire.

Les chercheurs ont analysé les appels concernant un arrêt cardiaque sur une période de quinze mois, de mai 2008 à juillet 2009. Une réanimation cardio-pulmonaire assistée par téléphone a été proposée dans 264 cas, et 163 personnes ont accepté de la pratiquer, soit 62%.

«La mort en direct»

Un massage cardiaque a ensuite été réellement effectué dans 134 cas (51%). En 35 occasions, l'état du patient ou les conditions du lieu ne permettaient pas une réanimation et la décision a été jugée médicalement appropriée, comme l'écrivent les chercheurs dans la revue «Academic Emergency Medicine».

Sur les 95 cas restants où une réanimation n'a pu être pratiquée, 55 étaient dus à la condition physique de l'appelant et 33 à sa détresse émotionnelle. «La réanimation est quelque chose de très physique», a expliqué à l'ATS Fabrice Dami, médecin répondant de la Centrale 144 et principal auteur de l'étude.

En outre, «c'est la mort en direct au téléphone, c'est très difficile pour les témoins, mais aussi pour les régulateurs du 144 chargés de les motiver», poursuit le Dr Dami. Les autres motifs de refus étaient la peur de l'infection (3 cas), la peur de blesser (2) et l'incompréhension (2).

Meilleur si c'est un enfant

Le taux d'acceptation était particulièrement élevé si la victime était un enfant, avec seulement un refus sur les quinze cas répertoriés dans l'étude. Il était également meilleur pour l'adulte victime d'un arrêt cardiaque d'origine non traumatique, avec 95% d'appelants prêts à intervenir.

Sur les 17 arrêts cardiaques d'origine traumatique, 9 personnes ont tout de même accepté le conseil par téléphone. Souvent, dans ce type de cas, l'appelant est éloigné de la victime, ou cette dernière est difficilement accessible, voire présente encore des signes de vie au moment de l'appel, notent les chercheurs.

Cette étude confirme les chiffres de deux autres enquêtes qui arrivaient à des résultats légèrement inférieurs, soit 54% et 47% de personnes prêtes à tenter une réanimation si on les assiste par téléphone. Introduite il y a deux ans et demi dans le canton de Vaud de manière systématique, la méthode se base sur une procédure simplifiée en 2005 par l'Association américaine de cardiologie.

Massage cardiaque seulement

En cas d'arrêt du coeur non-traumatique chez un adulte, elle prévoit uniquement un massage cardiaque, sans bouche à bouche. Ce dernier n'est utilisé que pour certains cas pédiatriques ou d'asphyxie.

«Dans le canton de Vaud, les régulateurs du 144 sont des infirmiers ou ambulanciers ayant au moins cinq ans d'expérience de terrain», précise le Dr Dami. Ils connaissent donc ce type de situation et sont à même de conseiller le néophyte sur la position des mains, la profondeur de la compression thoracique et la fréquence du massage, notamment.

Selon les conclusions des chercheurs toutefois, il pourrait être difficile à l'avenir d'augmenter le taux de réponses positives. L'argument le plus fréquemment invoqué pour ne pas pratiquer la réanimation est la condition physique de l'appelant, or la population suisse vieillit: «Ça marche bien, mais on arrive à une limite du système», selon le Dr Dami.

En conséquence, les scientifiques suggèrent d'autres pistes, comme améliorer la reconnaissance de situations de pré-arrêt cardiaque et dans un tel cas proposer systématiquement une réanimation. Former une plus large proportion de la population à cette technique permettrait aussi d'augmenter les réanimations effectuées spontanément par des témoins.


Le lien vers l'article sur le site de 20 min online.

 

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